Quand SEDIRE se fait violence pour défendre les femmes

Article Le Phare Dunkerquois du 9 mai 2012
mercredi 16 mai 2012
par  JPADAL
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Malgré un équilibre financier fragile et un volume de dossiers toujours plus conséquent, l’association dunkerquoise Sedire, qui aide et accompagne les personnes victimes de violence conjugale et/ou familiale, souhaite étendre son rayon d’action à l’échelle régionale.

Véritable baromètre de l’ambiance familiale et conjugale, l’association Sedire a vu son activité s’envoler en 2011. « L’année dernière, 390 personnes, dont seize hommes, ont bénéficié d’un suivi dans les locaux de l’association pour un total de 2 036 heures d’entretien », a confirmé le 3 mai en assemblée générale la présidente Marie-Madeleine Castelain.

Ainsi, 1974 personnes sont passées en permanence d’accueil, rue de Soubise, en 2011 contre 1 571 l’année précédente. De même, l’association a assuré 1981 entretiens l’année dernière contre 1 503 en 2010, et I 009 en 2009 !

JPEG - 32.1 ko Une augmentation significative, en partie expliquée par le renforcement des permanences tenues par Julie Bissiau, référent violence conjugales pour le département du Nord et membre de Sedire. « Cela a entraîné une augmentation île 31,8 % du nombre de personnes venues en rendez-vous, lin effet, Julie Bissiau a assuré 81 permanences en 2011 contre 65 en 2010. Cela a également entraîné une augmentation du nombre de passages en permanence d’accueil de 403 usagers, soit 25 % ».

Membre de la fédération nationale solidarité femme, (FNSF), l’association Sedire héberge également provisoirement les victimes et leurs enfants pour les protéger de la violence. La structure a donc a accueilli 21 femmes et 29 enfants en 2011, contre 18 femmes et 32 enfants en 2010.

Les victimes peuvent venir de tout l’Hexagone en cas de nécessité d’éloignement. L’augmentation du nombre de femmes hébergées s’explique par la diminution de la durée moyenne d’accueil, signe de l’efficacité des partenariats entre le service logement de la mairie de Dunker-que et les organismes IILM chargés de prendre le relais. Quoi qu’il en soit, le regain d’activité a été épongé par une équipe restreinte, composée de sept personnes. Combien de temps encore l’association Sedire pourra-t-elle tenir le rythme ? Que ce soit sur le plan financier ou celui de l’accompagnement social, les perspectives pour 2012 n’annoncent aucune amélioration. Cela n’empêche pas l’association d’envisager de se déployer à l’échelon régional. Parmi ses grandes orientations, Sedire entend mener à bien des négociations afin de créer un groupement d’associations du Nord-Pas-de-Calais œuvrant auprès des femmes victimes cle violence conjugale.

DamienENGRAND


Si Sedire a répondu favorablement aux demandes d’hébergement de 21 femmes et de leurs enfants en 2009, elle a également refusé près de 210 demandes, adressées par la Fédération nationale solidarité femme (FNSF), les UTPAS, la gendarmerie ou la police... Sedire fait en fonction de ses moyens. Et ceux-ci se contractent davantage année après année en dépit d’un budget en hausse de 10% en 2011 à 125 699 euros.

« La stabilité des frais généraux et des charges de personnel ont permis d’arriver à un résultat proche de l’équilibre du fait de l’augmentation ponctuelle des subventions de certains financeurs. Mais les perspectives 2012 sont inquiétantes car les prévisions de ressources sont à la baisse », déplore la trésorière et présidente d’honneur Mauricette Sauvignon. Résultat, pour se maintenir à l’équilibre et ne pas compromettre son action, l’association d’aide aux victimes de violences conjugales et familiales doit impérativement veiller « à l’évolution favorable de ses recettes (subventions, participation des résidentes, prestations externes), tant les frais de
fonctionnement sont devenus incompressibles ».

Plus que jamais, Sedire entend donc poursuivre les efforts entamés en 2011 et restés jusqu’ici infructueux pour lui permettre de réduire ses charges locatives et sécuriser sa structure d’hébergement. « Avec l’appui des autorités communautaires chargées du logement, il nous faut construire un partenariat avec un bailleur local pour transférer notre hébergement et nos bureaux dans le parc locatif public permettant à la fois de sécuriser notre accueil et de rechercher une réduction des charges » a expliqué Marie-Ma-deleine Castelain.

Tenace, Sedire n’a pas non plus perdu de vue l’éventualité de se réimplanter physiquement à Calais, grâce au concours de la communauté d’agglomération Cap Calaisis. « Notre action à Calais avait été mise à mal en 2011 pour des raisons de financement », confirme la présidente de Sedire.

Au cours de l’assemblée générale, le conseil d’administration a donc été mandaté « pour rechercher les conditions matérielles et financières permettant de poursuivre une action sur le Calai-sis. » Dont acte.


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