Soutien des Elues contre les violences faites aux femmes

jeudi 9 août 2007
par  RF
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Communiqué de presse 9 août 2007

Pour le droit des femmes victimes de violences à se soustraire à leurs agresseurs sans être condamnées au profit de ces derniers !

Jeudi 26 juillet 2007, Aynur B., une femme victime de violences conjugales, a été condamnée par le tribunal de Dunkerque à 3 mois de prison avec sursis et à 1 800 € de dommages et intérêts au profit de son époux.
Hospitalisée en 2003 suite aux violences perpétrées à son encontre par son conjoint, Aynur B. porte plainte. Comme 70% des plaintes pour violences conjugales [1], sa plainte est classée sans suite.
Aynur B. est néanmoins hébergée par une association d’aide aux femmes victimes de violences. Elle entame une procédure de divorce, et, pour ne plus être en contact avec son agresseur, pour protéger sa vie et celle de ses trois enfants, elle refuse de communiquer sa nouvelle adresse à son conjoint.

Son attitude se justifie à double titre :
· Une femme meurt tous les 2 jours sous les coups de son conjoint ou ex-conjoint ; et les violences conjugales se poursuivent même après la
séparation du couple : 31% des crimes conjugaux dont sont victimes les
femmes ont lieu au moment de la séparation, ou après celle-ci [2].
· Les enfants sont aussi victimes des violences que subissent leurs
mères : vivant dans un contexte de violences, ils risquent d’en être
eux-mêmes victimes, et aussi d’endurer des conséquences graves et
durables sur leur développement physique, affectif et social, au cours de
l’enfance, comme durant leur vie d’adulte (problèmes scolaires, problèmes de sociabilité, dépression, anxiété,…).

C’est donc pour avoir voulu épargner sa vie et celles de ses enfants qu’Aynur B. est aujourd’hui condamnée par la Justice. L’association "Elu/es Contre les Violences faites aux femmes" s’indigne de ce jugement, car quel autre choix avait-elle ?

· Quitter le domicile conjugal en laissant trois enfants aux mains d’un homme qu’elle ne savait que trop violent ? On l’aurait accusée d’être une mère indigne, d’abandonner ses enfants !
· Continuer à subir des violences ? On lui aurait dit : « Brisez le
silence ! Parlez en avant de ne plus pouvoir le faire ! »

Aynur B. en a parlé, elle a porté plainte, elle a tout mis en œuvre pour se protéger et protéger ses enfants. Mais elle a été condamnée au profit de son agresseur !
Cette condamnation est un signal inadmissible à l’adresse des hommes violents : le droit les protège ! Elle est aussi un signal fort inacceptable pour les femmes victimes de violences : on les préfère victimes, plutôt qu’agissantes et en vie.

Nous appelons toutes celles et tous ceux que ce jugement indigne et qui
souhaitent agir contre les violences faites aux femmes à signer la
pétition de soutien à Aynur B. : www.sedire.fr
Enfin, parce que ces situations se reproduisent trop souvent, nous demandons au Ministère de la Justice et aux instances judiciaires concernées de remettre en question l’application stricte de l’article 227-5 du code pénal sur la non-représentation d’enfant, lorsqu’il s’agit de les préserver, eux et leurs mères, de violences familiales et/ou conjugales.

[1] Ce pourcentage correspond au traitement des procès-verbaux pour
violences conjugales par les parquets d’Ile-de-France en 2004. Source :
Infocentre national - Pôle études et évaluation - DACG - Ministère de
la Justice.
[2] Source : enquête diligentée par le Ministère délégué à la Cohésion sociale et à la Parité (2003/2004).
ECVF - Elu/es Contre les Violences faites aux femmes.



Brèves

23 mai 2008 - Loi du 4 avril 2006 : Le point de vue de la F.N.S.F.

Toujours d’actualité, la loi du 4 avril 2006 est au coeur de nos débats et de nos interventions. (...)

29 octobre 2007 - Le cap des 560 signatures est dépassé

Merci à toutes et à tous.
Pensez à faire circuler le lien vers la pétition ;-)

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Le cap des 100 premiers signataires de la pétition de soutien à Aynur B. a été atteint hier soir et (...)